Covid-19: informations relatives à la situation sur le marché suisse de la viande

Les effets de la crise du coronavirus sont considérables, et impactent tout aussi fortement l’ensemble des partenaires du marché de la filière viande.

25 mars 2020

Situation actuelle sur le marché de la viande

Les effets de la crise du coronavirus sont considérables, et impactent tout aussi fortement l’ensemble des partenaires du marché de la filière viande. Le Conseil d’administration de Proviande a pris différentes mesures afin de maintenir la stabilité du marché de la viande et de garantir l’approvisionnement de la population en viande issue de la production suisse. Les producteurs sont appelés à faire preuve de modération concernant l’offre, les transformateurs et le commerce sont appelés à suspendre les importations pendant les prochaines semaines, et Proviande demande au Conseil fédéral de soutenir des mesures d’allégement du marché pendant cette situation de marché extraordinaire.

Le Conseil d’administration de Proviande a décidé des mesures lors d’une conférence vidéo extraordinaire le 25 mars 2020:

  • les importateurs cessent dès à présent l’importation de la viande pas encore procurée. Les marchandises déjà dédouanées doivent être utilisées de manière intelligente pour l’approvisionnement du marché de la viande.
  • demander à l’OFAG de prolonger de quatre semaines les périodes d’importation de viande de bœuf (aloyaux, demi-carcasses de vaches, viande de fabrication). Cela signifie que d’ici au 10 mai 2020, aucune autre quantité d’importation ne peut être libérée, et qu’aucune viande de bœuf supplémentaire ne peut être importée.
  • demander à l’OFAG de prolonger d’un mois, soit jusqu’à la fin avril 2020, la période d’importation de viande de volaille, d’agneau et de cheval du 01.01.2020 au 31.03.2020. Les importations issues de la libération du 2e trimestre 2020 ne sont pas concernées par cette prolongation de période.
  • suspendre jusqu’à nouvel ordre les modifications prévues au 1er avril 2020 concernant les suppléments/déductions de poids pour le bétail d’étal. Cela devrait entraîner une réduction temporaire de l’offre pour les animaux d’étal.
  • demander à l’Office fédéral de l’agriculture de vérifier si le droit d'urgence autorise un arrêt des importations, et le cas échéant, dans quelles conditions.
  • demander au Conseil fédéral une participation aux coûts concernant les mesures d’allégement du marché afin d’éviter un effondrement des prix et pouvoir retirer temporairement les excédents sur le marché du bétail d’étal, des vaches et des veaux en congelant la viande. Selon l’article 13 de la loi sur l’agriculture, la Confédération peut, dans des situations extraordinaires, participer aux coûts associés aux mesures d’allégement du marché limitées dans le temps. Une participation limitée de la Confédération aux coûts des mesures d’allégement du marché exige des prestations adéquates de la part de la filière viande. L’examen d’une action de mise en stock extraordinaire pour la viande de cabri a été demandé il y a déjà une semaine. La participation de la Confédération à ces mesures devrait être décidée par le Conseil fédéral.

 

23 mars 2020

Évaluation de la situation de la filière

Une grande incertitude règne actuellement et il n’existe (encore) aucune perspective uniforme. Les estimations concernant l’évolution du marché sont différentes en fonction du canal de vente vers lequel sont orientées les entreprises.

Marché du bétail de boucherie

Une grande incertitude règle actuellement sur le marché du bétail de boucherie, ce qui entraîne çà et là une pression sur les prix du bétail de boucherie. L’interdiction d’organiser des marchés publics du bétail de boucherie a entraîné la fermeture d’un important canal de vente pour le bétail bovin et les ovins jusqu’au 19 avril 2020 au moins, si bien qu’un instrument de poids permettant l’évaluation de la situation de l’offre et de la demande n’est plus disponible et que les livraisons d’animaux de boucherie doivent être transférées vers d’autres canaux.

La situation des marchés des porcs et des ovins est (encore) équilibrée actuellement et les prix sont stables. S’agissant des porcs, on observe toutefois des différences entre les diverses orientations de production (label/AQ). Les prix des animaux d’étal, des animaux de fabrication et des veaux sont sous pression. Les offres augmentent et la demande est diverse. En ce qui concerne les veaux, il est encore difficile d’évaluer si la mesure d’allégement du marché pourra stabiliser le marché. Quant aux cabris, une action une mise en stock extraordinaire est à l’étude avec l’Office fédéral de l’agriculture car la demande particulièrement importante du secteur gastronomique pour ce segment est devenue quasi nulle.

Commerce et transformation

Le transfert des voies commerciales entraîne (temporairement) des frictions au sein de la chaîne logistique. Il faut donc s’attendre à des retards de livraison et des perturbations des marchés. Au niveau des importations, notamment d’outre-mer, des problèmes au sein de la chaîne logistique occasionnent par endroits des retards de livraison considérables. Les livraisons depuis l’espace européen sont (pour le moment) plus ou moins garanties actuellement. Bien que la circulation des marchandises soit libre, des embouteillages et des files d’attente se multiplient aux frontières en raison des contrôles de personnes. De plus, le nombre de chauffeurs de poids lourds est tout juste suffisant. Si de gros abattoirs ou de grandes entreprises de transformation ainsi que des entreprises de transport/logistiques venaient à réduire voire suspendre leur activité, il faudra s’attendre à des goulots d’étranglement et à une pénurie d’approvisionnement.

Distribution

La demande et la vente de viande via le canal de la restauration se sont massivement effondrées, au profit du canal du commerce de détail qui enregistre quant à lui d’énormes hausses de chiffre d’affaires. Il faut cependant partir du principe que les réserves dans les ménages seront tôt ou tard bien pleines, et que cette demande particulière diminuera ensuite. Une chose est sûre: les gens doivent se nourrir et continueront également de manger de la viande. Par ailleurs, la disparition du tourisme d’achat fait augmenter la demande indigène. Au final, la viande ne devrait en réalité pas être moins demandée.

Informations des organes fédéraux

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV)

L’OSAV répond sur son site Web aux questions sur les conséquences de la situation extraordinaire liée au coronavirus pour le secteur vétérinaire.

Office fédéral de l’agriculture (OFAG)

La foire aux questions pour l’agriculture est disponible sur le site Web de l’OFAG.

La cellule de crise de l’OFAG établit régulièrement un rapport de situation.

Résumé du 23.03.2020:

Sur le plan international

  • Comme en Suisse, le sujet de la main œuvre étrangère est très présent dans les médias.
  • La sécurité d’approvisionnement est également au premier plan.
  • En raison de la situation sanitaire en Italie, certaines surfaces dans le nord du pays ne peuvent plus être gérées.

Sur le plan national

Selon les informations de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays, la chaîne de livraison internationale est sécurisée. Cela signifie que la livraison de nourriture pour animaux et d’autres moyens d’exploitation est garantie.

Les besoins en main œuvre étrangère et saisonnière en Suisse font l’objet de discussions au sein de la Confédération. Aucune décision définitive n’a encore été prise. Nous vous tiendrons informés dès que possible.

Information de l’Union Suisse des Paysans (USP)

Une foire aux questions pour le secteur agricole est disponible sur le site Web https://www.sbv-usp.ch/fr/la-crise-du-coronavirus-questions-et-reponses-pour-le-secteur-agricole/, de même que le communiqué de presse sur les mesures de lutte contre la crise.

Informations de l’Union Professionnelle Suisse de la Viande (UPSV)

L’UPSV attire l’attention sur le comportement à adopter avec le nouveau coronavirus: https://m.sff.ch/fr/actualites/message/2020-03-16-Verhaltensempfehlung.php?redirectResize=1

Informations des pays voisins

Allemagne

Rapport de situation de la Fédération allemande des paysans (Deutscher Bauernverband DBV)

On observe des chocs à court terme en raison de relations commerciales retardées ou interrompues et de canaux de vente contraints d’être déviés (p. ex. suite à la baisse de la demande dans le secteur gastronomique et à des incertitudes dans les échanges commerciaux avec la Chine). En raison de la propagation du virus et des restrictions de déplacement en Europe qu’elle entraîne, de nombreuses exploitations agricoles manquent de main d’œuvre saisonnière (travaux de plantation et d’entretien / récolte de cultures déjà opérées comme les asperges et les fraises). Dans le même temps, beaucoup de personnes en Allemagne sont sans travail actuellement en raison de la crise du coronavirus. Pour remédier à cela, l’organisation faîtière des organisations allemandes d’employeurs agricoles et forestiers (Gesamtverband der deutschen Land- und Forstwirtschaftlichen Arbeitgeberverbände (GLFA)) et la DBV proposent via un portail en ligne des placements d’agriculteurs et de personnes désireuses d’apporter leur aide au plan local.