Émissions de gaz à effet de serre en Suisse depuis 1990: chiffres clés de la Confédération

Le rapport de l’OFEV «Indicateurs de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre en Suisse 1990–2024» présente les émissions des GES que sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et d’autres gaz impactant le climat. Les données se fondent sur l’inventaire annuel des gaz à effet de serre de la Suisse.

Évolution des émissions depuis 1990

En 2024, les émissions de gaz à effet de serre de la Suisse se sont élevées à 40,11 millions de tonnes d’équivalents CO2, soit une réduction d’environ 27 % par rapport à 1990.

Les émissions de gaz à effet de serre (en équivalents CO2) du secteur agricole représentent actuellement 16,5 % des émissions totales de GES de la Suisse (source: OFEV).

 

Les émissions de GES devraient diminuer de 1% par an pour atteindre une réduction de 40% d’ici 2050. Si l’on se réfère à l’objectif intermédiaire de moins 20% d’ici 2030, les émissions de GES devraient diminuer d’environ 76000tonnes d’équivalents CO2 par an (Source: Rapport agricole 2023).

Gaz à effet de serre en équivalents CO2

Afin de prendre en compte les différents effets des gaz à effet de serre sur le climat dans une perspective globale, les émissions de différentes substances sont regroupées en émissions dites d’équivalents CO2 (CO2eq). La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a défini à cet effet une métrique de conversion qui représente la somme des effets climatiques d’une impulsion d’émission d’une substance sur 100ans (≪Global Warming Potential≫ sur 100ans, GWP100). L’utilisation du GWP100 ne tient pas compte de l’évolution de l’effet climatique du méthane au fil du temps. La science en matière de climat a récemment mis au point une nouvelle métrique (GWP*) qui représente nettement mieux les effets climatiques des substances à courte durée de vie au fil du temps que la métrique GWP100 utilisée jusqu’à présent. Cela permet d’obtenir une représentation beaucoup plus réaliste de l’effet des mesures de réduction des émissions. (Source: Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) 2022).

Émissions de l’agriculture

Dans le secteur agricole, les émissions de tous les gaz à effet de serre ont diminué dans les années 1990. Depuis le début des années 2000, les émissions dominantes de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) se sont toutefois stabilisées. En revanche, la tendance à la baisse des émissions de CO2 s’est poursuivie.

Émissions de CO2

Le secteur agricole comprend notamment les émissions provenant de la détention d’animaux de rente, de l’utilisation d’engrais et de la consommation d’énergie. Les émissions de CO2 sont dues principalement à l’utilisation d’énergies fossiles ainsi qu’à la fertilisation à base de chaux et d’urée (source: OFEV). Depuis 1990, les émissions de CO2 de l’agriculture ont diminué de 0,049 à 0,047 million de tonnes, ce qui correspond à environ 0,15 % des émissions totales de CO2 de la Suisse (source: OFEV).

Le méthane et la détention d’animaux

Selon l’inventaire national des gaz à effet de serre, l’agriculture est responsable de 86 % des émissions de méthane en Suisse, tous secteurs confondus. 63 % des émissions de CH4 proviennent principalement de la détention de bétail bovin et de la gestion des engrais de ferme.

Entre 1990 et 2004, les émissions de méthane ont diminué de 8,5 %. Ensuite, elles ont brièvement augmenté, puis la tendance s’est à nouveau inversée à partir de 2015. En 2024, les émissions de méthane de l’agriculture avaient baissé de 11,2 % par rapport à 1990 (source: OFEV 2026).

Gaz hilarant issu de l’agriculture

En 1990, 54 % des émissions de protoxyde d’azote (N2O) en Suisse étaient imputables à l’agriculture, contre 69 % en 2024. Les émissions de N2O de l’agriculture proviennent des surfaces agricoles utiles, à la suite des processus de biodégradation des apports d’azote (engrais du commerce, engrais de ferme, résidus de récolte, etc.) et, dans une moindre mesure, de la gestion des engrais de ferme. Entre 1990 et 2024, les émissions de protoxyde d’azote agricole ont diminué d’environ 17 % (source: OFEV).